Elle s’appelait Anémone. Née en 1879, sur la côte normande, quelque part entre les dunes. Il était marin, son grand amour. Augustin. Il partait souvent, mais il revenait toujours. Jusqu’à ce jour de novembre 1903. Ce jour-là, la mer n’a rien rendu. Ni lui. Ni son bateau. Juste une lettre froissée, mouillée jusqu’à l’âme. Depuis, Anémone ne s’est plus jamais coiffée autrement que d’un chignon lâche, comme s’il allait rentrer, là, tout de suite. Elle créait des bijoux pour se souvenir de lui : des pendentifs comme des larmes, des colliers comme des courants, des perles comme des souvenirs remontés à la surface. Elle disait : « Il reviendra. Alors je veux être belle. Pour lui. Pour moi. »
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